Midgårdsmàl : La Saga de la Terre du Milieu

Poème rédigé à la façon des textes de l’Edda Poètique et son système de kenning (métaphore)________________________

Une fois était Midgard, le pays des Hommes
Etait aussi Vanaland, le pays des Vanes
Et Asgard, le pays des Ases sur lequel règne Odin le Sage et Thor l’Intrépide, son fils.
Vivaient sous terre les Nains, habiles orfèvres
Et entre les mondes, les Elfes, les plus sages d’entre tous.
Vivaient tous en paix depuis la victoire sur les géants de glaces, au cœur des profondes forêts, parsemées de lacs limpides et traversées de rivières généreuses.
Ainsi était Heimat.
Protégé au Sud par la Grande Barrière de roches et de glace et à l’Ouest, par son rejeton

le Long serpent d’onde qui épouse la mer du Nord au pays des Frisons.
Mais de toutes les races, Hommes sont les moins sages.

D’Orient, arrivèrent un jour des missionnaires suivis de marchands.
Le dos courbé, le teint sombre et le regard et fuyant,
Etranges nains vils et malins.
De l’hospitalité des Hommes du Nord abusèrent.
Répandirent doctrine du désert
Où la vie depuis longtemps s’est tarie.

Éclata au début le rire clair
Des hommes libres
Au fond des clairières
Et même celui des esclaves
Qui n’y croyaient guère.
Comment respecter un Dieu vaincu ?
Le borgne debout sur son char nous sied bien mieux et son fils brandissant Mjöllnir conduit d’un bras sure, les guerriers à la victoire.

Mais agissent sournoisement,
Sèment la zizanie entre les clans,
Répandent le Métal de la discorde,
Flattent les orgueilleux,
Complotent avec les ambitieux,
Promettent force aux faibles,
Courage aux couards,
Et liberté aux esclaves.
Telle est religion de l’Orient.

Le pays flambe bientôt au nom du Dieu nouveau.
Les frères entre-tuent,
Les têtes tombent dans la forêt sacrée,
Au pied de l’arbre du monde, lui-même abattu.
Dans Midgard ne restent plus qu’Hommes déchus.
Évanouis Ases, Vanes, Nains, Elfes, Fées des sources, Esprits des forêts.

On coupe les arbres,
S’affaissent tristement, les centenaires majestueux,
Creusent le ventre de la Nourricière
Sur laquelle s’érigent des cités.
Car sur les ordures des villes, prospèrent
Les rats, mieux qu’au dure labeur des champs.
Entre les murailles dans l’air vicié,
La nature n’œuvre plus et les races s’avilissent
En même temps que l’esprit.
Certes, parfois la peste nettoie
Et le feu purifie.

A l’abri derrière les murs,
Négocient les marchands,
Spéculent les Usuriers,
Se fomentent les complots,
S’attisent les révoltes,
Se propage la subversion,
Se corrompt la morale.

Bientôt le Métal de la discorde émousse la lame tranchante qui faisait Loi.
L’hydre sans tête et vagabonde manipule les puissants pour mieux les menés à leurs perte.

Soudain, au sommet de leur gloire, s’affrontent les géants.
Dans un fracas d’acier commence alors Ragnarök.
Le noble sang des grands guerriers se répand à flot sur la Terre du Milieu.
Les héros sacrifiés s’affaissent une dernière fois sur leur terres aux champs rougis.
C’est le crépuscule des Dieux.
Les Géants ont perdu trop de sang.
Ils gisent à terre, ne se relèverons plus.
Les braves sont tombés au combat, nombreux, tandis que les rats sortent des décombres où ils s’étaient cachés.

Face à la multitude, le bras des vaillants n’est plus assez puissant pour stopper félons et horsans*.
Se prennent alors à rêver, les médiocres
Investissent la Nation de sa noblesse vidée.
Sur le peuple, répandent idéaux de mort.

Mais, diriger le navire requiert noble capitaine
Car nombreux sont les récifs sur la route des bateaux.
Clan d’hommes ardemment se mène
Seul le meilleur d’endosser le fardeau
D’une telle mission est digne le sage
Mener à bon port fier équipage

Déserté des vaillants guerriers
Les esclaves investissent le navire
Incapables de le faire naviguer
Ils gaspillent toutes les vivres
Leurs dents de rats à présent en sont,
Réduites à ronger la coque du bateau
Et bientôt avec lui sombrera
Tout ce qui, de l’ancien Monde, était beau.
Raison, tu tiens là, camarade
d’Atlantide tombée sous les flots.

La longue nuit suit le crépuscule.
Loin des citées en ruine,
Des hommes avisés,
Ceux à la plus longue mémoire,
Se sont organisés.
Au milieu des forêts,
Dans les chaumières,
Au coin de l’âtre,
Revivent la tradition,
Comme leurs aïeux.
Sacrent les champs et les prés,
Honorent la terre nourricière
Et la femme féconde.

Fiers et hardis paysans guerriers,
Toujours prompt pour le clan
A offrir leur sang
Ils suspendent à leur maison
La roue solaire,
Symbole du retour de la lumière
Car ils savent que tout est cycle
Qu’à la nuit succède le jour
A l’hiver, le printemps
A la défaite, le triomphe
Et que du Ragnarök
Naîtra une ère nouvelle.

Tancrède Lenormand

* Le Horsains ou Horsans est l’étranger en patois normand. Peut-être cela vient-t-il de « en dehors du sein » donc de la terre nourricière , de la patrie. Ou bien « qui est hors du sang » pas d’un même sang, donc étranger.

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7 commentaires pour Midgårdsmàl : La Saga de la Terre du Milieu

  1. nordicsun dit :

    J’ai apprécié le texte, mais est-ce que tu penses qu’un passé de paysans guerriers ait réellement existé? Pour les polythéismes, ce sont deux castes bien distinctes. Et puis c’est plutôt le marxisme et le christianisme qui valorise les pauvres (ouvriers, paysans,…) Alors que chez les polythéistes on es plutôt du genre « intello ». Lis Aristote, Nietzsche, Evola, tu verras bien…
    Ne pas confondre christianisme et catholicisme, non plus. Certains chrétiens avaient très bien assimilé le panthéon païen: http://spfc441.blogspot.com/2008/12/les-12-dieux.html

    Je sais que je fais un peu chieur, mais les choses sont plus complexes qu’elles en ont l’air 😉

    • Oui bien sûr chez les germains le paysan guerrier est une réalité. Chez les Vikings par exemple, le Boendr est un propriétaire terrien qui vit de sa terre. C’est sa femme qui régit le domaine pendant ses expéditions. Ils possèdent nombres de serviteurs pour accomplir les tâches liés à la ferme. Paysan guerrier est aujourd’hui un idéal : se nourrir de sa terre et la défendre.

      • nordicsun dit :

        Ok. Je vois. Mais votre blog prouve bien qu’il faut aussi des intellectuels 😉 Il faudra une nouvelle élite pour préserver et enseigner les valeurs héroïco-guerrières et spirituelles de l’Europe. La maçonnerie juive nous a subverti en infiltrant notre système et pervertissant nos valeurs. Ils n’ont pas eu besoin de toucher aux paysans et guerriers qui n’étaient pas du tout préparés à ça, puisque ce n’est pas leur rôles.

      • @Nordicsun,

        Ce sont des hommes complets qu’ils nous faut. Pas des intellectuels pures ou des prolos pure. Nous ne voulons pas d’un système communiste. Dans la tradition germanique, il y a sept domaines pour faire un homme complet : l’équitation, la poésie/récitation (art de parler, de s’exprimer, l’éloquence), le chant, la danse (traditionnelle il va de soit), le maniement des armes, la musique (apprentissage d’un ou plusieurs instruments), le sport (en général).

        Il est évident que parmi les hommes se dégage perpétuellement de nouvelles élites. Leur rôle est d’entraîner le reste du peuple vers le haut. Mais Chacun doit être capable de subvenir à ses besoins. Nous ne voulons pas d’une élite oisive qui sombrerait bientôt inéluctablement dans la décadence. L’élite doit toujours donné le bon exemple.

        Bien à vous.

  2. nordicsun dit :

    ok j’ai bien apprécié, mais est-ce que tu penses qu’un passé de paysans guerriers ait réellement existé? Pour les polythéismes, ce sont deux castes bien distinctes.

  3. Edith dit :

    Tout en étant conçu en français, une langue non germanique, votre poème reflète admirablement l’esprit de l’Edda et des chants (Heldenlieder) de nos ancêtres et vos paroles vont tout droit au coeur – merci, Trancred Lenormand !

    (En visitant votre site et en lisant les commentaires des autres visiteurs français, je me demande souvent :qui sont ces Français qui ont une image si objective, lucide et favorable de « mon Allemagne de l’époque 1933-1945 ». J’ai travaillé pendant des années dans un bureau français semi-officiel, installé en Allemagne (où j’ai appris le français). Je m’entendait très bien avec mes chefs et collègues mais jamais nos entretiens ne quittaient le domaine du « politiquement correct » (à l’exception d’une personne qui me faisait confiance et à qui je pouvais faire confiance..
    Je serais curieuse de savoir votre âge et peut-être votre/vos professions ).
    J’ai 74 ans.

    • Chère Edith,

      Venant de la part d’une germanophone, votre compliment me va droit au cœur. Je pense qu’il survit en moi, dans mes gènes, beaucoup de l’apport germanique de mes ancêtres. Ce monde nordique et germanique m’a toujours fasciné. Je connais bien les Allemands et l’âme allemande est celle qui me touche le plus. C’est pourquoi, instinctivement, je n’ai jamais cru tous les mensonges et les ignominies que l’on a pu colporter sur votre peuple.

      Pour répondre en partie à votre question. Sachez que j’ai l’âge d’être votre fils et que je pratique une profession manuelle.

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