Archéologie : Momies d’européens dans l’Altaï.

Les sépultures de Pazyryk (en russe: Пазырык) datent de l’Age du Fer. Elles ont été découvertes dans la Vallée du même nom, sur le plateau de l’Ukok, dans la région de l’Altaï qui se trouve au sud de la ville actuelle de Novossibirsk, en Sibérie. Le site se trouve à proximité des frontières avec la Chine, le Kazakhstan et la Mongolie.

Le plateau Ukok près des Monts Altaï
La vallée du Pazyrik appartient à la région des montagnes dorées de l’Altaï qui est classé patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les porteurs de la culture Pazyryk étaient des cavaliers nomades de la steppe, et certains ont peut-être accumulé de grandes richesses par le biais de marchandage avec les commerçants de la Perse, de l’Inde et la Chine.

 File:Ukok Plateau.jpg

Plateau de l’Utok

File:Altai,Tienschan-Orte.png

Découvertes

Une figurine représentant un cerf en bois doré a été trouvé dans une des tombes de Pazyryk datant du Ve siècle l’AEC par l’archéologue Sergueï Ivanovitch Rudenko au début des années 20. Alors que beaucoup de tombes avaient déjà été pillées par le passé, Rudenko a mis à jour des restes de chevaux avec leurs selles en tissu et en feutre remarquablement conservés, ainsi que le plus vieux tapis du monde, un chariot à quatre roues de 3 mètres de haut. D’autres objets magnifiques qui avaient échappé aux ravages du temps furent découverts. Ces découvertes sont aujourd’hui exposés au Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg.

File:Pazyryk deer.jpg

Figurine en bois sculpté d’un cerf. Ve siècle AEC

File:Scythiancarpet.jpg

L’un des tapis à poils les plus ancients au monde. (vers 400 avant JC, Pazyryk).

La découverte la plus frappante de Rudenko a été le corps d’un chef tatoué Pazyryk : un homme puissamment bâti qui était mort aux environs 50 ans. Certaines parties du corps s’était détériorée, mais une grande partie du tatouage était encore clairement visible.

La technologie utilisant la photographie à infrarouge a révélé que les cinq corps découverts dans les cairns Kourganes de Pazyryk étaient tatoués. Aucun instrument de tatouage n’a été retrouvé, mais les Pazyryks possédaient des aiguilles très fines avec lesquelles ils faisaient de la broderie miniature, et celles-ci étaient probablement utilisés pour le tatouage.
Le chef était richement décorée d’une suite de dessins représentant une variété de bêtes dont certaines fantastiques. Les meilleurs tatouages qui ont été préservés représentent un âne, un bélier des montagnes, deux cerfs très stylisés avec des bois longs et un carnivore imaginaire sur le bras droit. Il portait aussi deux monstres / ressemblant à des griffons sur la poitrine et au bras gauche. Trois images partiellement effacée semblent correspondre à deux cerfs et à une chèvre de montagne. Sur le devant de la jambe droite un poisson s’étend depuis le pied jusqu’au genou. Un monstre rampe sur le pied droit, et à l’intérieur de la jambe se trouve une série de quatre béliers qui se touchent pour ne plus former qu’un seul animal. La jambe gauche porte aussi des tatouages, mais qui n’ont pas pu être clairement identifiés. En outre, le dos du chef est tatoué d’une série de petits cercles en ligne avec la colonne vertébrale. Ce tatouage a probablement été fait pour des raisons thérapeutiques. Des tribus sibériennes contemporaines pratiquent encore le tatouage de ce genre pour soulager les maux de dos.
La demoiselle des glaces.
La plus célèbre sépulture Pazyryk encore intact découverte appelée « la demoiselle de glace » date du Ve siècle AEC. Elle a été trouvé par l’archéologue Natalia Polosmak en 1993. La femme reposait dans la chambre funéraire avec six chevaux. Elle avait été enterrée plus de 2400 ans auparavant, dans un cercueil façonné à partir du tronc évidé d’un mélèze. La face externe du cercueil était recouverte d’images stylisées représentant des cerfs et des léopards des neiges gravés dans du cuir. Peu de temps après les funérailles, la tombe avait apparemment été inondée par de la pluie verglaçante et le contenu entier de la chambre funéraire était resté gelé dans le permafrost.

 

Momie de La demoiselle des glaces.

Six chevaux portant des harnais élaborés avaient été sacrifiés et gisaient sur les rondins qui formaient le toit de la chambre funéraire. Le corps de la jeune femme, bien conservé, soigneusement embaumé avec de la tourbe et des écorces, a été disposé afin qu’elle repose sur le côté comme si elle dormait. Jeune, les cheveux blonds, elle mesurait 1m70. Les tatouages d’animaux ont été conservées sur sa peau pâle : Il s’agit de créatures à cornes qui se transforment en formes de fleurs. Son cercueil était assez spacieux pour contenir la haute coiffe qu’elle portait, sur laquelle étaient cousus 15 oiseaux en bois doré. Une boucle en or extraite d’une autre tombe représente une femme portant une coiffe similaire mais décorée avec les branches de l’arbre de vie entrelacées. On a d’abord cru que son chemisier était fabriqué à partir de soie« Tussah » sauvage, mais un examen plus attentif de la fibre indique que le tissus n’est pas chinois, mais qu’il était d’une autre origine, peut-être indienne. La femme était vêtue d’une longue jupe de laine blanche et de bas de feutre. Près de son cercueil, il y avait un navire fait en corne de yack et des plats contenant de graines de coriandre en offrande : tout cela suggère que les routes commerciales des Pazyryk s’étendaient à travers de vastes régions. Il semble que les graines de coriandre étaient probablement utilisées pour masquer l’odeur des corps.

Deux ans après la découverte de la « demoiselle de glace », l’époux du Dr. Polosmak, Vyacheslav Molodine, a trouvé un homme gelé, enterré avec ses armes qui portait tatoué d’un magnifique élan et deux longues nattes qui lui descendait jusqu’à la ceinture.

Dans un coin d’une chambre funéraire du cimetière Pazyryk, Un sac en fourrure retrouvé dans une des chambres funéraires du cimétière Pazyryk contenait des semences de cannabis, un encensoir rempli de pierres et le cadre d’une tente à inhalation hexapode. – Ces objets semblent avoir été utilisés à la fin de la cérémonie funéraire pour à des fins de purification rituelle.

D’autres tombes kourganes remarquablement conservées, contenant des restes comparables aux momies de la région du Tarim au Xinjiang ont été trouvées. Les corps des hommes conservés grâce à des techniques de momification étaient également gelées par de l’eau transformée en glace après s’être infiltrée dans les tombeaux. Ils étaient aussi placés dans des cercueils fabriqués à partir de troncs de mélèzes (qui avaient peut-être une importance sacrée) et parfois accompagnées de concubines sacrifiés et de chevaux. Le regroupement de sépultures dans une zone unique implique qu’elle devait revêtre une importance rituelle particulière pour ces gens susceptibles d’avoir parcouru de longues distances pour venir enterrer leur défunts.

File:2006-07 altaj belucha.jpg
Montagnes de l’Altaï

Récemment, en Janvier 2007, de nouvelles découvertes ont mis à jour la tombe en bois d’un guerrier blond qui a été dégagé d’un permafrost de la région des montagnes de l’Altaï près de la frontière mongole. Le corps de ce présumé chef Pazyryk est tatoué. Son manteau de zibeline est bien conservé, de même que certains autres objets, y compris ce qui ressemble à une paire de ciseaux.

Malheureusement, un archéologue local, Aleksei Tishkin, s’est plaint que la population autochtone de la région désapprouve fortement les fouilles archéologiques, ce qui incite les scientifiques à déplacer leurs activités de l’autre côté de la frontière en Mongolie.

 Il est reconnu maintenant que la culture Pazyryk est apparentée aux Scythes dont les tombes semblables ont été trouvés à travers les steppes. Le tatouage d’animaux sibériens sur le corps est le style caractéristique des Scythes. Le négoce de chevaux de haute qualité était peut-être l’une de leur monnaie d’échange.
La génétique archéologique est maintenant utilisée pour étudié les momies Pazyryk.

Les sépultures de Pazyryk (en russe: Пазырык) datent de l’Age du Fer. Elles ont été découvertes dans la Vallée du même nom, sur le plateau de l’Ukok, dans la région de l’Altaï qui se trouve au sud de la ville actuelle de Novossibirsk, en Sibérie. Le site se trouve à proximité des frontières avec la Chine, le Kazakhstan et la Mongolie.

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11 commentaires pour Archéologie : Momies d’européens dans l’Altaï.

  1. viking dit :

    Désolés , les Huns, n’ont jamais atteins la Bretagne, une cuisante défaite en Alsace, puis prés de la région de Troyes les a stoppé….des bandes de Huns sont peut-être allé éventuellement jusqu’à Orléans… les source sont multiples……. la NRH , Anne Bernet

    L’Armorique en 145 aprés JC a connu une révolte de plus contre l’oppression fiscale Romaine,
    (les Romains on amenés le cadastre, donc l’impôt Foncier, les dîmes, sorte de TVA, la dîme sur la mort Droit de succession…) révolte très importante du fait de mauvaise récolte, de mauvaise condition météo sur mer ayant entraîné, perte de navire et autre… l’ensemble des Romains percepteur , leurs accompagnateurs… furent Tués… En représailles, le consul Romain organisa une gigantesque répression avec déportation de l’ensemble des tribus d’Armorique à l’Est des Limes, ce qui permit de gagner entre 30 à 80 km de territoire vers l’Est…. les remplaçant des Tribus d’Armorique ? sont des vétérans des Légions d’orient, dont l’attribution des terres seras faites selon l’ancienneté, les mérites, le grades, le nombre d’enfant….

    Vers 400, les Brettons repoussé par les envahisseurs Germain, Angles et Saxons fuyaient vers l’est de la Bretagne (Angletterre), certain dans leur fuite sont arrivé en Armorique…

    En 2012 les restes des langues anciennes pratiqué forme une frontière Est Ouest divisant en deux l’actuelle Bretagne (Armorique) EX les Johnnies, habitants de Roscoff allant vendre leur légumes en bateau en Cormouailles (Sud de l’Angletterre) arrivaient facilement a ce faire comprendre pour leur commerce

  2. Ne pas oublier : »Valaisans descendants d’Attila », excellent livre Bernard Savioz, qui au fil des
    pages nous donne l’histoire incroyable de ces quelques huns, réfugiés dans le Val d’Aniviers.
    Ils y sont restés sans presque aucun contact avec le reste des Helvètes.
    Adorateurs du soleil
    et de la lune. Ayant gardé le dialecte que seuls les hongrois traduisaient.
    L’écriture runique ressemble à celle de Transylvanie, de même que leurs noms de famille !
    Jean-Jacques Rousseau fait leur éloge…

  3. Charles Hervieux dit :

    Bonjour monsieur Lenormand,
    Je viens de découvrir votre site que je m’empresse d’ajouter à mes favoris. Deux des commentaires au bas de votre article  »Archéologie: Momies d’européens dans l’Altaï » ont particulièrement attiré mon attention et je les cite:

    Scythes…? Les Romains afin de pacifier l’Armorique, avaient des Légions venues de la
    Mer Noire. Un certain Litorius reçu de son Supérieur l’ordre d’établir ses légionnaires
    en Bretagne… Les yeux bridés viendraient-ils de là ?
    —————————————————————————————————————————————

    C’est une idée intéressante que vous avez là. N’oublions pas cependant que les armées d’Attila ont aussi atteint la Bretagne avec dans leur sillage, des cortèges de viols, de liaisons plus ou moins acceptées avec l’envahisseur. Dans certains villages de Bretagne, les gens, par traditions orale, se souviennent encore parfois du passage des tribus hunniques et leur attribuent les résurgences physiques (yeux bridés, pommettes saillantes et visage plat avec menton en galoche) que l’on peut observer chez certains Bretons d’aujourd’hui.
    ————————————————————————————————————————————–

    Ma réaction:
    Mon épouse, qui est d’origine bretonne, s’était faite taquiner par ses compagnes de classe quand elle faisait ses études primaires. À cause de ses yeux en amande et de ses pomettes saillantes elle se faisait parfois demander si son père était…chinois!
    Plus tard, arrivée à l’âge adulte, elle avait remarqué que certains de ses cousins germains avaient un menton en forme de pioche, comme on dit plutôt au Québec. D’ailleurs, un de ces cousins s’est fait raccourcir son menton pour des raisons esthétique. Coïncidence??

    • Bonsoir Monsieur Hervieux,

      J’ai eu l’occasion de rencontrer un couple dont la femme était Bretonne. Celle-ci avait également des traits de type nettement mongoloïdes. Elle me confia que dans son village d’Armorique, on racontait que les Huns étaient passés dans la région au temps d’Attila (comme vous le mentionnez d’ailleurs). Ce souvenir des envahisseurs hunniques se transmettait de génération en génération oralement.
      Voilà peut-être une explication pour les origines de votre femme. Quand aux Scythes, ils auraient plutôt été de race nordique d’après la description qu’en firent les Grecs voici 2000 ans et non asiatiques.

  4. Ping : Bilan 2010 | Le blog de Tancrède Lenormand

  5. laszlo paul dit :

    Scythes…? Les Romains afin de pacifier l’Armorique, avaient des Légions venues de la
    Mer Noire. Un certain Litorius reçu de son Supérieur l’ordre d’établir ses légionnaires
    en Bretagne… Les yeux bridés viendraient-ils de là ?

    • C’est une idée intéressante que vous avez là. N’oublions pas cependant que les armées d’Attila ont aussi atteint la Bretagne avec dans leur sillage, des cortèges de viols, de liaisons plus ou moins acceptées avec l’envahisseur. Dans certains villages de Bretagne, les gens, par traditions orale, se souviennent encore parfois du passage des tribus hunniques et leur attribuent les résurgences physiques (yeux bridés, pommettes saillantes et visage plat avec menton en galoche) que l’on peut observer chez certains Bretons d’aujourd’hui.

  6. Catherine VAN HAECKE dit :

    Merci pour cette page….
    Elle me touche …
    Continuez à transmettre des informations sur ce sujet et je les suivrais avec attention.

    • Merci chère Catherine,

      Ce blog a pour but, entre autres, de faire prendre conscience aux Européens de leur valeur ; de celle de leur glorieux passé, de leur génie intrinsèque, et d’en élever la beauté de l’âme, si modestement qu’il me soit possible.
      Merci pour vos encouragements.

      T.L

      • Les Huns suisses existent dans le Valais.
        C’est un ouvrage de Bernard SAVIOZ qui fait la lumière sur ces Huns , retour de Rome,
        en 452. Quelques uns se seraient réfugiés dans ce Hunivar / Val d’Anniviers et seraient
        restés de nombreux siècles, isolés, gardants leurs croyances chamaniques, mais aussi et surtout
        leur patois . Les noms de beaucoup de villes, villages, rivières, paturages,sans compter leur
        écriture runique ainsi que les noms de famille, trouvent une proximité avec la langue…maghiare.
        La Transylvanie partage les mêmes façons de bâtir les chalets. La décoration florale ; la Tulipe
        se trouve décorant chapelle ou cimetières ,dans les deux endroits.
        L’écriture en forme de batonnets, semble proche de celle des Székélys ou Sicules. On la retrouve
        gravée sur les poutres ; marques de telle ou telle Famille.
        Je sais que ces propos vont « heurter », mais rester dans le « labyrinthe historique » en occultant
        telle ou telle population pour des raisons mal définies, est comme refaire un même discours
        sans chercher plus en avant.

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