Féminisme : Réponse de Karen Blixen

Dans l’une de ses Lettres d’Afrique, à la date du 13 janvier 1928, Karen Blixen écrit : « Un très grand changement, dont tout le monde n’a peut-être pas encore pris pleinement conscience, s’est opéré lorsque la  » féminité », le fait d’être une femme a perdu son sens. Je crois que les femmes du temps jadis, et surtout les meilleures d’entre-elles, se sentaient sous ce rapport comme quelque chose de grand et de sacré, en vertude quoi elles avaient du poids en dehors d’elles-mêmes et pouvaient se sentir fière et investies d’une certaine dignité, ce qui leur donnait le sentiment d’une responsabilité très profonde. »

Elle ajoute : « Je pense que c’était en grande partie la signification et le caractère sacré, admis par tous, de la féminité qui rendait jadis les mariages, si ce n’est plus heureux,du moins plus faciles à supporter. dans la vie commune, l’accent était mis bien moins sur la sympathie ou l’antipathie que sur les relations qui pouvaient exister entre un homme et une femme, et tous deux se trouvaient dans leur vie conjugale,un peu dans la situatin d’ambassadeur de deux grandes puissances, pleinenement conscient des forces et des valeurs que représentaient chacun d’eux, et prêts à admettre leur existence. »

Cet article, publié dans Subversion des peuples, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Féminisme : Réponse de Karen Blixen

  1. Alambert dit :

    Karen Blixen, Un discours de clôture avec quatorze ans de retard, conférence radio, 11 janv 1953, trad. Régis Boyer, Des femmes, 1987, p. 276-277

    « Je sais la dette que j’ai contractée envers les vieilles féministes, maintenant dans leur tombe. Si, dans ma vie, j’ai pu poursuivre des études, faire ce que je voulais et comme je le voulais, si j’ai pu voyager seule autour du monde, si j’ai pu faire librement publier mes idées et même si je peux aujourd’hui parler à ce pupitre, je le dois à ces femmes, et il est peu de personnes que j’honore et respecte davantage. Je sais que pour obtenir de pareils biens au bénéfice des générations de femmes à venir, vous avez dû traverser bien des épreuves dans votre vie et renoncer à plus encore, qu’il vous a fallu supporter scandale et ridicule, et que, sans interruption, vous avez dû combattre préjugés et méfiance. »

  2. Ping : Bilan 2010 | Le blog de Tancrède Lenormand

  3. annbourgogne dit :

    Il est vrai qu’on attendait moins du mariage à cette époque, surtout Karen Blixen d’ailleurs. Et avec le décès de l’un des deux (souvent la femme en couches) les mariages duraient beaucoup moins longtemps qu’aujourd’hui, même en prenant en compte les divorces.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s