Retraites : La gabegie incontrôlée se poursuit

LE BILLET DE SAUVEGARDE RETRAITES
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Rebelote : comme elle l’avait déjà fait en 2009, la Cour des comptes
a refusé de certifier la régularité et la sincérité des comptes du
régime général des salariés du privé.

Pour la deuxième année consécutive, la Cour des comptes refuse de
certifier, dans son rapport annuel, que les comptes de la branche
vieillesse de la Sécurité sociale soient « réguliers, sincères et
donnent une image fidèle de la situation financière et du
patrimoine ». Ce qui, tout euphémisme mis à part, signifie qu’ils
sont mensongers et maquillent les réalités. Avant de prétendre
ramener à l’équilibre le budget des retraites, le gouvernement
ferait donc bien de demander aux caisses de remettre leur gestion en
ordre.

L’an dernier, la Cour avait en effet relevé pas moins de neuf
dysfonctionnements suffisamment graves pour la dissuader d’avaliser
les comptes de la CNAV. Un seul y aurait cependant suffi ! Or, cette
année, elle en recense encore sept.

Ainsi, les magistrats déplorent les insuffisances du contrôle
concernant la liquidation des retraites. 7,5 % des pensions – contre
5,4 % l’an dernier – comportent une erreur, ce qui représente plus
de 900 000 retraites ! Par ailleurs, les erreurs commises dans le
calcul du montant des pensions ne sont pas révisées ou font l’objet
d’une révision erronée… Ces défaillances sont révélatrices à la
fois de la complexité du système et du manque de sérieux de ses
« gestionnaires ».

Pour la bonne bouche, les magistrats épinglent également la MSA,
caisse de retraite des agriculteurs, dont ils ont également refusé
de certifier les comptes. La CNAV n’en comble pas moins son déficit
(341 millions d’euros en 2009), les yeux fermés et sans avoir la
moindre possibilité de contrôler ses activités. C’est beau, c’est
grand, c’est généreux, le régime général !

Rappelons que la CNAV est elle-même dans le rouge vif : le « trou »
annoncé pour 2010 dépasse 11 milliards d’euros…

La responsabilité de cette situation incombe évidemment aux

 « gestionnaires » de la CNAV, syndicats et fonctionnaires. Mais le
premier coupable reste l’Etat lui-même, qui, chapeautant la CNAV,
est le véritable maître à bord de ce rafiot qui fait eau de toute
part.

L’expérience montre que l’administration échoue le plus souvent à se
contrôler elle-même. C’est pourquoi, avant de demander aux Français
de nouveaux efforts, les hommes politiques doivent commencer par
instaurer un contrôle réellement indépendant – donc effectué par un
organisme privé – sur la gestion de nos retraites.

Bien cordialement,

Marie-Laure Dufrêche
Déléguée Générale

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