« Aux modernes » de Leconte de Lisle

« Fraülein zu Pferde und Landknecht » Dürer

Vivez lâchement, sans rêve, sans dessein,

Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde,

Chatrés dès le berceau par le siècle assassin,

De toute passion vigoureuse et profonde.

Votre cervelle est vide autant que votre sein,

Et vous avez souillé ce misérable monde,

D’un sang si corrompu, d’un souffle si malsain,

Que la mort germe seule en cette boue immonde.

Hommes, tueurs de dieux, les temps ne sont pas loin

Où, sur un grand tas d’or, vautrés dans quelque coin,

ayant rongés le seul nourricier jusqu’aux roches,

Ne sachant sachant rien faire ni des jours ni des nuits,

Noyés dans le néant des suprêmes ennuis,

Vous mourrez bêtement en emplissant vos poches.

LECOMTE DE LISLE, Poêmes barbares.

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2 commentaires pour « Aux modernes » de Leconte de Lisle

  1. poete dit :

    LecoNte de Lisle Monsieur !!

  2. Le Matru dit :

    Tout est dit !

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