UN MONDE QUI SOMBRE (Pierre Bagnuls)

 

  « Racistes » devraient être nommés ceux qui ne respectent pas les races ou feignent de les ignorer. Ceux qui font profès de mixage pour l’élaboration d’une nouvelle Babel. Ethnophobes sont les nouveaux inquisiteurs de l’utopie cosmopolite et planétaire. Il devrait être acceptable, face à cela, d’avoir un réflexe de survie identitaire, de vouloir conserver un héritage séculaire, un patrimoine humain originaux. Aurions-nous, par un curieux détour, plus de respect pour les monuments historiques qu’il s’agit de restaurer, que pour un véritable « sens de l’homme » enraciné sur sa terre et qu’il s’agit de préserver ?    

Il n’est pas coupable de penser, au vu de la situation actuelle des pays européens, que l’immigration n’est pas une « chance » pour cet espace, mais un ferment de décomposition et de déstructuration inquiétant. Il ne s’agit plus, aujourd’hui, d’« assimiler » une minorité isolée de quelques individus qui se sont « distingués » (par « le sang versé »), mais d’être soumis à diverses colonisations de peuplement, en provenance de pays non occidentaux. Il devient sain à cet égard que dans un instinctif et véritable réflexe de survie, chaque famille de souche autochtone, reliée au long fleuve du vivant européen, veuille se protéger et se préserver des intrusions du « différent », de « l’autre », de « l’étranger ». Il est plus que temps de prendre conscience et de réaliser que ce n’est pas rien ni indifférent de voir le simple visage d’une génération changer, la métamorphose de la physionomie d’un peuple avec tout ce que cela implique en terme de culture et de psychisme. Inconscient collectif, manières de croire, voir, sentir, espérer, de vivre, en un mot, sont aussi héréditaires. Héritage non uniquement appris, culturel. Le brassage de populations qui menace aujourd’hui ne pourra être absorbé sans qu’il y ait de radicales modifications de ce que nous sommes et prétendons être. Il n’y aura pas dilution insensible d’un phénomène infime, minime et minoritaire, mais changement de nature. N’a-t-on pas le droit de se poser des questions ultimes à cet égard ? Ne peut-on porter de jugements de valeur et émettre une opinion défavorable en décelant la manifestation d’un phénomène tragique ? « Il y a des choses qui vont mourir ces temps-ci en Europe » présageait Pierre Drieu La Rochelle, en 1945, dans sa dernière lettre à son frère. Et déjà, dans l’entre-deux guerre, Romain Rolland prévoyait une situation semblable à celle dont nous approchons : « Ce qu’on voit aujourd’hui, c’est l’immense fermentation du monde, le soulèvement de toutes les civilisations opprimées contre la civilisation blanche. La lutte sera longue et effroyable. Je crois bien que la civilisation blanche y succombera. Et ce sera un nouveau Moyen-âge où se reformeront dans des siècles de ténèbres illuminés d’éclairs les futurs âges classiques de raison et d’oppression » (Correspondance avec Ernst Bloch). L’Europe revêt le long voile des femmes en noir et pleure en silence ! Tout un monde millénaire est en train de mourir ! Le monde de ceux qui nous ont fait ce que nous sommes. Cette longue lignée d’ancêtres européens qui ont vécu, souffert, combattu, aimé, espéré pour cette terre et pour nous la léguer libre et indivise, fidèle à elle-même par-delà les méandres de l’Histoire.     

L’invasion et l’envahissement que nous subissons nolens volens sont un grave sujet de réflexion, à la fois psychologique, moral, éthique, spirituel et qui touche à notre être des tréfonds, à notre intimité. Notre identité est menacée quand tout discours sur cette identité est occulté, travesti, nié, interdit. Le quotidien nous noie dans les eaux croupies du superficiel. Chacun ferme les yeux adoptant la posture de l’autruche devant le danger, et consommant à qui mieux-mieux pour se donner l’impression que le malaise réel, n’est qu’imaginaire, alors que « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ». Le discours de la France intégrationniste ou assimilationniste qui se veut « terre d’accueil », au-delà de toutes les circonstances concrètes, est à cet égard, totalement lénifiant. Croit-on qu’avec des concepts creux, vides de substance, basés sur le contrat de papier qu’est devenue la nationalité ; croit-on sincèrement qu’avec la notion brumeuse et vague de « citoyenneté », nous allons vivre une période de continuité tranquille, une transition sans douleur ? Ne nous leurrons pas, il n’y aura pas transmission, mais acculturation progressive et oubli des racines. C’est vers une rupture totale que nous nous acheminons. Rupture pour l’être européen dans sa chair, dans ses croyances, sa culture, son mode de vie, ses traditions, sa spiritualité, sa vision du monde. Il est vrai que cet héritage, cette mémoire, nous les avons en partie oubliés, méconnus de notre propre fait. C’est l’une des causes majeures du mal qui nous étreint, de cette perméabilité mortifère, de cette molle malléabilité qui incite certains à se jeter vers l’« autre », l’ « ailleurs », en quête d’une identité qui sera hybride. Il y aura des milliers, voire des millions d’hybrides dans un monde de culture multiraciale, où chaque individu détaché de toute appartenance, alimentera sa mémoire selon le mode superficiel du self-service et du fast-food. Il y aura, aussi, des millions d’individus enserrés dans le réseau tressé par les communautés, religieuses notamment, mais aussi dans une sorte de phénomène tribal lié à certains comportements et à certains centres d’intérêt, ainsi que l’a décrit Michel Maffesoli. Nous nous acheminons donc vers une société à risques, décomposée, éclatée, hétérogène, émiettée. L’unité, le liant, l’éthique, les valeurs vont être soumises à d’énormes ondes de choc, dans un patchwork disharmonieux et chaotique. Après l’oubli et le vide sécrétés par le nihilisme, nous approchons des temps du chaos, celui de la perte des repères et des principes normatifs.    

Il est à noter que dans ce nouveau tribalisme qui s’impose comme une nécessité et non comme un choix serein, ceux mettent à l’honneur ce qui reste de la famille traditionnelle européenne, ceux qui revendiquent un esprit de solidarité, voire de clan, autochtone, voient leurs pensées, faits et gestes entachés de suspicion. S’instaure ainsi une véritable culpabilisation, une véritable méfiance à l’égard de l’autochtone qui vit comme tel, et espère bien faire durer un mode de vie, des coutumes, une identité qui ne datent pas d’hier, et qui, somme toute, possèdent la légitimité du primo-occupant. Nous avons pourtant le droit, et sans doute même le devoir, d’aimer une certaine Europe, à la fois charnelle et communauté de destin spirituelle, liée aux ethnies ancestrales qui la composent, à son passé et à ce que nous souhaitons transmettre en propre à nos enfants. Nous revenons là à l’identité, notion réflexive, qui part du même pour revenir au même par-delà le temps et  l’espace.   

Des libres propos qui précèdent, on ne nous fera pas croire, contrairement à la vulgate communément colportée, qu’il y a racisme et sentiment de supériorité, volonté impérialiste ou esclavagiste, mépris ou haine. Il y a seulement un sentiment positif, vivant et fort : c’est l’amour de sa terre, l’amour de ses ancêtres, l’amour de peuples originaux qui sont ce qu’ils sont, mais possèdent leur caractère, leurs spécificités, leur originalité, leurs différences, infiniment respectables en soi. Cet équilibre complexe et subtil vient de loin et l’on peut irréductiblement le préférer à tous les autres : c’est un droit, pas un délit. Cet équilibre fragile, aujourd’hui, est profondément menacé. Claude Lévi-Strauss, en anthropologue passionné qu’il était a eu de très belles phrases à ce sujet. On peut en éprouver de l’inquiétude et concevoir un certain sentiment d’impuissance face au vide de la prise de conscience et du discours dominant. Nous devons pourtant faire solidairement ce que nous avons à faire, eu égard à ce que nous croyons bon, vrai, juste. Notre démarche a droit au respect !    

Il n’y a dans ce discours et ce qu’il implique, aucun racisme à l’égard de l’« étranger », même si ce dernier est conçu comme une menace pour ce que nous sommes, un danger pour notre droit à la différence. Il existe en chaque peuple de la Terre, des personnalités riches et humainement valables, mais dans la logique de « mélange » qui sévit actuellement, nous revendiquons notre droit à la différence, au nom d’un patrimoine riche, unique, spécifique. Une réaction de protection et de survie dans le contexte de changement que nous vivons, consiste à garder une distance et ne pas se mêler au confusionnisme que sécrète notre société, peut-être malgré elle. Nous ne voulons pas être entraînés dans le courant désordonné et anarchique provoqué par la chute des digues que sont les frontières, physiques et psychologiques. Nous voulons éviter ce qui nous paraît être de mortels écueils. Chacun a le droit de trouver son chemin dans une société qui se renie, qui se subvertit, sans même avoir consulté la volonté populaire quand il en eût été encore temps.     Héritiers des peuples indo-européens, nordiques, germains, celtes, ou slaves, héritiers de la plus haute antiquité, héritiers aussi, de ce christianisme européanisé qui s’est incarné sur la terre d’Europe dans un Moyen-âge viril, nous pouvons vouloir que se prolonge intacte notre mémoire, afin de rester nous-mêmes à travers us et coutumes, modes de vie, valeurs, amours et fidélités. Préserver ainsi l’essence de notre Être, irréductible aux autres peuples. Nous revendiquons notre particularisme, comme droit de disposer de notre identité, somme riche de sang, de souvenirs et de traditions. Méditons la parole du grand historien de nos origines, Ferdinand Lot, qui se plaignait de ceux qui considéraient qu’il n’y avait pas de « type français », parce que chaque région avait ses spécificités. Il répondait avec finesse et exactitude qu’il y avait « nuances d’une même couleur au sein d’une moyenne ethnique française ».   

Nous sommes une espèce en voie de disparition, qu’il serait temps de penser à protéger ! P.B.     

Au-delà du « dernier homme » (réponse à Pierre Bagnuls)                                                                                                             Jacques Marlaud       Dans un esprit européen bien compris, celui des « Bons Européens » dont parlait Nietzsche, ayant conscience de l’immense héritage, prêts à l’assumer, à le transmettre, le cri d’alarme de Pierre Bagnuls ne peut tomber dans l’oreille d’un sourd. En effet, jamais sans doute dans sa longue histoire l’Europe ne semble être tombée aussi bas dans l’ignominie, le renoncement, la trahison d’elle-même…     Le « dernier homme » continue à sautiller sur son petit bonhomme de chemin en croyant toujours qu’il a inventé le bonheur et le progrès, même si dégraissages, suicides et décrochages se multiplient dans l’Éducation nationale ou à France Télécom… même s’il n’y a plus de solution en vue  contre la croissance pathogène des banlieues aliénées, tout aussi incontrôlables que les flots migratoires qui les alimentent… même si finance et corruption creusent la dette, cassent le travail et assomment les peuples chaque jour un peu plus…     Mais le dernier homme n’est-il pas précisément le petit bourgeois égoïste et fat qui, non content de laisser faire tout ça sous prétexte que ce n’est pas ses oignons, approuve, applaudit, participe, adore les médias qui l’abrutissent, vote pour les politiciens et les histrions corrompus qui lui enfournent quotidiennement leur propagande dans le ciboulot, consomme sans distinction tous les produits « vus à la télé » comme tel ou tel rappeur ou footballer, comme Yannick Noah, Doc Gyneco et consorts ?     L’espèce en voie de disparition, hélas, ce n’est pas lui !     Quand à nous (vous et moi et quelques autres « happy few ») qui avons toujours su notre droit à la différence et demandé à personne la permission de le défendre coûte que coûte… nous qui nous construisons nous-mêmes dans la tourmente et faisons encore rayonner une lueur solaire dans cette longue nuit hivernale, que craignons-nous ? Le Devah Yana (la voie des dieux, le devoir de méditation et de transmission des sagesses ancestrales, l’accès à l’immortalité « métapolitique ») nous préserve de l’inconscience; le Pitri Yana (la voie des pères : le devoir de famille et de descendance, l’acccès à l’immortalité germinale) nous préserve du célibat, de la stérilité et du métissage.     Ceci dit, si nous nous mettons dans la peau des derniers Romains persistant à défendre un Empire déjà conquis par une idéologie étrangère, mort depuis longtemps au temps des barbares, ou dans celle de Vercingétorix s’enfermant dans Alesia face à César, nous avons du souci à nous faire…     Mais on peut voir les choses autrement, sortir et recourir aux forêts pour entamer la longue guerilla de notre renaissance, ne pas hésiter à vivre autrement parmi les barbares.         Avons-nous le choix dans l’ère post-impériale qui nous est échue ?     Après le crépuscule des dieux, il y a toujours un recommencement. Ce que certains appellent le « renversement du monde » (Hervé Juvin), n’en est-il pas un prélude ? 

Jacques Marlaud       

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